Deux biographies rendent hommage à Sergio Vieira de
Mello
L’actualité du livre
"L'attentat de Bagdad a aussitôt revêtu un
caractère emblématique", écrivent Jean-Claude Buhrer et Claude Levenson dans
"Sergio Vieira de Mello : un espoir foudroyé". "En un sens, la brutale
disparition de Vieira de Mello marque pour beaucoup une arête vive de cassure,
l'expression concrète de la crise de l'institution, peut-être un
tournant".
Buhrer, ancien correspondant du Monde à Genève, et Levenson,
écrivain et traductrice spécialiste du Tibet, en profitent pour dénoncer les
ambiguïtés et les défaillances des mécanismes de défense des droits de l'homme à
l'ONU et pour souligner l'urgence d'une réforme.
La partie centrale du
livre est un long entretien accordé aux auteurs par Vieira de Mello en novembre
2002, après sa nomination au poste de Haut commissaire de l'ONU aux droits de
l'homme.
"Et si c'était le principe même des droits de l'homme qui était
ainsi visé", dans l'attentat de Bagdad ?, se demandent en conclusion Buhrer et
Levenson. Ils rappellent que si "Sergio", comme ils l'appellent, "ne se berçait
pas d'illusions" sur sa mission à Bagdad, il ne croyait pas vraiment que l'ONU
pouvait être prise pour cible en Irak.
D'où la violence du traumatisme
qu'a ressenti l'organisation et dont témoignent plusieurs anciens collaborateurs
du haut fonctionnaire brésilien dans un autre livre, "Sergio Vieira de Mello, un
homme exceptionnel".
Annick Stevenson, porte-parole du Haut commissariat
aux droits de l'homme et George Gordon-Lennox, ancien fonctionnaire du Haut
commissariat pour les réfugiés et secrétaire général de l'organisation Reporters
sans frontières-Suisse, y rendent hommage à "un champion des droits de l'homme
et de la paix", qui a connu tous les théâtres d'opération de l'ONU ces 30
dernières années, du Bangladesh au Timor oriental en passant par le Liban et les
Balkans.
"L'ONU a besoin de personnalités visionnaires qui ont en même
temps une approche pragmatique des problèmes", affirme Annick Stevenson. "Sergio
était toujours disponible", ajoute-t-elle. "Citoyen du monde, il ne parlait pas
la langue de bois", renchérit George Gordon-Lennox.
Sergio Vieira de
Mello, 55 ans, avait été tué, ainsi que 21 autres personnes pour la plupart
membres de l'ONU, dans un attentat au camion piégé qui avait partiellement
détruit le siège des Nations unies à Bagdad, le 19 août 2003. Depuis cet
attentat, l'ONU a considérablement réduit son personnel en Irak.
("Sergio
Vieira de Mello, un espoir foudroyé", éditions Mille et une nuits/Arthème
Fayard, avec une préface de José Ramos-Horta, Prix Nobel de la paix
1996
"Sergio Vieira de Mello, un homme exceptionnel", éditions du
Tricorne, Genève)